mardi 27 mai 2014

Un début de compilation.... un nouveau carnet ?




Narcisse à sa fenêtre
Portraits

(extrait)



[Brise Glace, oct. 08]
Quelqu’un (la photo est un peu floue) avec un manteau en tartan rouge, sur un mur rouge, buvant une canette de bière rouge.

[À un concert] peut-être en N & B
Le profil solennel et régulier d’un jeune homme debout dans le public, au milieu des silhouettes, éclairé de face par un projecteur : l’arête de son nez droit se découpe dans le noir.

[Au jardin de la Poterne, 2009]
Une dame déjà âgée, au regard bleu pétillant, porte un turban bleu. Dans un miroir derrière elle, le profil d’une femme entre deux âges qui porte un fichu.
Poterne n.f. (lat. posterula). Porte secrète de fortification, donnant sur le fossé.

(projet en cours ?)


Blanc

Pour Ernest, et tous les autres
Ciel blanc Terre blanche Seules
les forêts et les haies dessinent en noir
(des lignes de fuite ?)
Dans les inédites perspectives de la neige Seuls
les passereaux y sont semés comme des points mouvants
(ces grains sont des corbeaux)
Dans cette géographie graphique seuls
nos chemins tracent d’énigmatiques paraphes.
Qui est là pour tout lire ?


vendredi 14 février 2014

Le Héron / La singulière traversée




It's fading into white

The bridge is broken
It's fading into white


Héron solitaire, faisant néanmoins partie d'une communauté
Silencieuse communauté des hérons solitaires

Héron solitaire, où sont tes semblables ? où est ton pays ?
Silencieuse communauté des hérons solitaires

La singulière traversée des hérons solitaires
jusqu'à épuisement

Silencieuse communauté des hérons solitaires

The bridge is broken
It's fading into white


La traversée singulière
jusqu'à épuisement

(ne pas) écrire

dimanche 12 janvier 2014

Soirée Karaoké

Pour votre soirée du dimanche, n'oubliez pas le karaoke :
Partir ou mourir.
C'est à vous :


jeudi 9 janvier 2014

(de l'oubli)

Claude Cahun, Aveux non avenus,
p. 50

(de l'oubli)
Certains plaisirs trop frais
pour donner toute leur saveur
ont besoin de fermenter
comme le jus du raisin

et de vieillir
dans les caves de notre mémoire

On doutera désormais
si la délectation morose,
passée au tamis du temps,
n'est pas préférable au plaisir.
Elle en est le suc,
la liqueur perverse,
concentrée, épurée,
plus forte et plus durable.

Si tu préfères le vin blond
à la grappe hâlée, tu feras chaque saison
la vendange de tes souvenirs.
Et tu les boiras sans hâte.




un souvenir vendangé :
KTS, Treptower Park, Berlin
1235 : Viel Glück             /          Nix / Schwund
Vinz / Toine


 

mardi 3 décembre 2013

Carnet... (2)


Les Éditions La Pierre qui Roule ont la tristesse de vous annoncer la disparition d'Ernest Boursier-Mougenot,
auteur des Vers mal arrimés, le 20 novembre dernier.

Nous avons perdu un cher ami, écrivain-jardinier, mais nous nous rappellerons les discussions à bâtons rompus à propos des rosiers, du cinéma, des actualités locales et de la littérature, les balades en forêts et jardins, ou autour du lac, ou encore à la recherche d'un bistro ouvert - et il nous reste ses livres et ses vers tour à tour cocasses et émouvants...
Il repose à Saulieu, non loin de son jardin si particulier, tout en haut d'une perspective de tilleuls centenaires...
Que la terre lui soit légère, et qu'il repose en paix.

mardi 26 novembre 2013

Carnet...



Les Éditions La Pierre qui Roule ont perdu un auteur et un ami...
L'ouverture d'esprit, l'humour et la curiosité d'Ernest Boursier-Mougenot, plasticien, historien des jardins et écrivain-jardinier, nous manquent déjà, et nous nous associons au deuil de Sonia et des gens de sa maison.
Ernest Boursier-Mougenot (voir l'article d'aujourd'hui par Le Bien Public) est l'auteur, entre autres, de Parcs et jardins remarquables des Alpes-Maritimes (Edisud, 1994), de l'anthologie iconographiée L'Amour du Banc (Actes Sud, 2002, Prix Saint-Fiacre de l’Association des Journalistes des Jardins et de l’Horticulture en 2003), du bestiaire analogique Les Ani'mots de Buffon (L'Escargot Savant, 2009), et du recueil poétiques des Vers mal arrimés, ce dernier aux Éditions La Pierre qui Roule, en 2011.

jeudi 7 novembre 2013

Berlin

Berlin by Rost Graphics

Berlin by RostGraphic : Gleisdreieck

Traverser à vélo les terrains vagues, les graffes, les ponts, le chemin de fer dans la nuit sombre de Berlin sombre et ses rues peu éclairées (je tenterai peut-être de retranscrire mes notes, mais j'ai trouvé qu'elles ne représentaient qu'une pâle répétition de la nuit de Hambourg de Stephen Spender dans Le Temple...)



Berlin by Rost Graphics : Kottbusser Damm

Berlin by Rost Graphics :
Depuis le Pont de Varsovie


Passer sous le pont de Yorckstrasse pour aller à Schöneberg, ou rentrer à Neukölln...

Berlin by Rost Graphics :
le pont de Yorckstr.

Berlin by Rost Graphics : Boxhagener Platz

Berlin by Rost Graphics :Jannowitzbrücke

Berlin by Rost Graphics : Schonfliesserstr.

Berlin par Rost Graphics : http://www.rostgraphics.com/

mardi 29 octobre 2013

Berlin, oct. 2013

 

Mémorial pour les homosexuel-le-s victimes du fascisme, Berlin, Ebertstr.
En mémoire des infligées par le régime hitlérien entre 1933 et 1945 à des milliers de gays et lesbiennes, ce cube, non loin du Mémorial de l'Holocauste. Plus de 50.000 homosexuels ont été condamnés en vertu d'un article du code pénal abrogé seulement en 1969.


Le mémorial berlinois des victimes gays du nazisme vandalisé

vendredi 16 août 2013

Cette terre inhospitalière ne serait-elle pas cependant la patrie sauvage d’un nomade ?



Cette terre inhospitalière ne serait-elle pas cependant la patrie sauvage d’un nomade ?
 

C’est possible, mais sans le secours des réunions tribales et familiales : oui, les écrivains sont des nomades solitaires, incroyablement

solitaires


(on dit d’ailleurs rarement « les écrivains », à part dans cette pluralité indéterminée, ce pluriel abstrait qui ne veut rien dire. Il n’y a que Rudy Ricciotti qui peut affirmer avec sérieux – et, j’ose le croire, avec sincérité – que « les poètes sont là pour en découdre » sans tomber dans le ridicule. Mais il a pour lui d’être un homme, et connu.)



À celui qui leur promet (Roger Laporte dans Llanfairpwllgwyngyllgogery-etc.) « Une vie si exaltante qu’ils n’auront jamais aucune véritable nostalgie de la vie ordinaire », je ne peux que le plagier pour répondre : Assurez-leur plutôt « La gloire secrète d’une passion inutile », ce sera plus juste et honnête ; on pourra même espérer que leur secret sera découvert. Ou pas, d’ailleurs : que vaut-il mieux espérer ?

« Écrire est une réponse d’une tristesse infinie. » Philippe Rahmy - 1er septembre 2005

Je suis ce soir d’une tristesse infinie, qui n’a effectivement pas la nostalgie de la vie ordinaire, mais qui bute sur les apories (étymologiquement : « sans issue »), et je ne sais pas ou plus comment continuer ce chemin, cette voie – l’ai-je jamais su ?
Encore cet énervant, cet admirable Roger Laporte, qui porte hautement son nom très ordinaire ; il dit,

juste avant la fin, je crois : « Mais quelle est donc cette douceur, cette terrible douceur ? »