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jeudi 27 mars 2025

Lu, adoré, perdu, retrouvé, relu, etc. (2)

 Quelles que soient les traductions, le poème de Djalâl al-Din Rûmî m'enchante toujours. Je vous le redonne dans deux versions :

Viens, viens, qui que tu sois
Vagabond, érudit, dévot, qu'importe
Dans notre caravane il n'y a pas de place pour le désespoir
Viens, même si tu as mille fois rompu tes serments
Viens, viens de nouveau
 
/
 
 Viens, viens, qui que tu sois,
Vagabond, adorateur, amoureux de partir,
Viens même si tu as rompu tes vœux mille fois, cela n’a pas d’importance, viens,
Viens encore une fois, viens :
Notre caravane n’est pas celle du désespoir.

jeudi 20 février 2025

Comment se remet-on à écrire ?

 Pour vraiment se remettre à écrire, je crois qu'il faut attendre et laisser passer les deux premiers mois d'hiver.

Une fois la période la plus sombre passée, quand les jours rallongent et que les oiseaux se remettent à chanter, alors que ce travail invisible et souterrain de l'hiver aura renforcé les racines et préparé le terreau, on commence à sentir plutôt qu'à voir les indices minuscules, énigmatiques et prometteurs du pré-printemps qui se rapproche.

La lumière et l'obscurité s'équilibrent, les graines germent, les pousses sortent, les bourgeons se gonflent.

Si vous vous êtes vous aussi laissé hiberner un peu, vous vous êtes reposé en profitant du ralentissement du temps et des activités. Vous avez un peu calmé les sombres angoisses et vous vous êtes rappelé que le renouveau viendra. Des amis vous rassurent et vous encouragent.

Et, un jour, un éclat de soleil dans les yeux ou l'une des toute premières fleurs (pâquerette, primevère ou perce-neige) réanimera un élan, une étincelle, et révèlera quelque chose de la vie intérieure qui se préparait, qui était déjà confusément à l’œuvre.

Alors, une fois rentré de promenade, vous retournez à votre table, prenez un stylo et une feuille de papier, et vous vous remettez à écrire.

Quoi ? Qu'importe. Le processus s'enclenche, le mouvement est lancé, la mécanique opère.

Un mot s'ajoute à l'autre, des lignes de mots s'additionnent pour former des phrases, un paragraphe, un texte, quelque chose ou peut-être rien.

Finalement, que la graine qui germe soit une capucine poivrée, une rose trémière à qui il faudra deux ans pour fleurir, ou une ancolie d'été un peu folle, qu'elle périclite dans son développement ou qu'une mésange l'avale - est-ce que le résultat est important ? Sans l'effort initial, sans la première lettre, sans le premier mot, on n'en saura rien.

Une lueur est apparue, un élan est né et, si vous les suivez, cela vous amènera bien quelque part, à écrire tout simplement, et qu'il en sorte quelque chose ou pas quelque fleur, ce sera quoi qu'il en soit un monde pour vous. Qu'il reste invisible et énigmatique aux yeux des autres reste anecdotique : vous vous êtes remis à écrire. Vous le sentez. C'est minuscule, mystérieux, peut-être prometteur. Continuez.

Vous écrivez.

mercredi 19 février 2025

Le bon moment pour écrire


 Ce soir ? Non, j'ai la migraine.

Mais demain, c'est dimanche et, si j'ai eu un bon sommeil, cela ira mieux et je pourrai me mettre à mon bureau. Quoi qu'il faudra faire le marché : j'aimerais qu'il y ait de bonnes choses à manger. Je boirai un verre de vin blanc avant de rentrer avec un poulet à rôtir et des légumes à préparer et, après avoir déjeuné, je crois que j'aurai besoin de faire la sieste.

Ensuite, si le temps le permet, j'aurai envie de sortir me promener pour me réveiller tout à fait. En revenant à la maison, je serai content de me faire une tasse de té et de préparer mes papiers et mes stylos.

Oui, demain soir, si tout se passe bien, ce sera le bon moment pour écrire.

lundi 17 février 2025

Comment se remettre à écrire ?

 Comment se remettre à écrire ?

C'est la question depuis un certain temps, déjà, et je ne trouve pas encore de réponse.

Mais il sera prévu, dans les jours qui viennent, deux heures par jour consigné à une table avec un stylo devant une feuille de papier.

 Comment se remet-on à écrire ? En écrivant.

dimanche 15 décembre 2019

Cordes pincées


J'ai le goût des cordes pincées. Et si j'admire l'ardeur, la grâce et la hardiesse d'Héloïse de Jenlis sur sa harpe claire, j'apprécie fort, toujours, la virtuosité de Toumani Diabaté et Ballaké Sissoko avec leur duo de koras aigres et vives...
Koras ! 


Ou Toumani Diabaté avec la guitare d'Ali Karka Touré...


 

lundi 9 septembre 2019

Fin de la troisième enquête publique sur la carrière Delmonico-Dorel à Saint-Julien-Molin-Molette


Demain se termine la troisième enquête publique sur la carrière Delmonico-Dorel à Saint-Julien-Molin-Molette...
La carrière prévoit une extension du double de sa surface actuelle (9 hectares), pour 30 ans d'exploitation, jusqu'en 2050...

Blog STOP Carrière de Saint-Julien-Molin-Molette

mercredi 20 février 2019

Catherine Ribeiro: Tous les droits



Le droit de baiser
Le droit de fondre en larmes
Le droit de s'épanouir
Le droit d'être exigeant
Et d'exiger
Le droit d'être riche
De presque rien
Le droit d'être pauvre
De toutes les richesses
Le droit de soulever
Des montagnes
Le droit d'accoucher
De toutes les tendresses 


Le droit de penser

Haut et fort
Sans être mutilé
Le droit d'opinion
Les droits de l'immigré
Le droit au travail
Le droit de manger

Quand on a faim
Le droit de faire

Et de défaire
Le droit à la paresse
Le droit d'aimer

Sans être châtré 

Le droit à la faiblesse
À la fragilité
Le droit à l'intelligence
Le défi à la connerie
Le droit du plus fort
Pour mieux protéger
Le droit de l'arbre
Face à la tronçonneuse
Le droit de s'amuser
Sur les pelouses interdites 


Le droit de sanctionner
Un pouvoir déficient
Le droit de frapper
Malgré les menottes
Le droit de rire
De devenir fou
Le droit de s'éclater

À l'herbe sauvage 

Le droit de crier, de hurler {x2}
Le droit d'être enfin reconnu {x2}


Catherine Ribeiro

lundi 16 juillet 2018

Poésie ordinaire et (sa) traduction


"Dans ces moments incongrus que Saint-Julien-Molin-Molette sait si bien produire", Karen Wheatcroft me demande de relire sa traduction en français d'un poème de Gale Burns.

Nous passons un moment charmant, dans son petit jardin, à nous poser des questions : comment traduire "stretch" ? Prolongement, étirement, étendre / étendue ?...
Comment rendre les nuances de l'anglais "grand" et "grandiose" à part le même mot en français, qui ne signifie pas exactement la même chose ? Comment dire "expectant" en français ?

« (...) car comment distinguer une chose d’une autre, encore moins
son inverse ? »
L'Invitation, Gale Burns, trad. Karen Wheatcroft



mercredi 10 janvier 2018

La poésie débouche

Comme en réponse à mes dernières questions, et aux question des éditions La Pierre qui Roule, j'entends l'émission de poésie de Carole Bijou sur Radio Canut :

LA POÉSIE DÉBOUCHE LES OREILLES
ET LES BOUCHES SONT POÉSIE
► 102.2 FM RADIO CANUT LYON

La poésie débouche

lundi 27 novembre 2017

Aller sans retour - Chilla -


Aller sans retour
Chilla




Traverser les champs
Eviter les minés
Pour conquérir son destin

Beaucoup seraient prêts à tout
Nous on veut donner du goût
A ce festin

La volonté d’être riche
tant dans le cœur
que sur la fiche de paie

Vivre la conscience en paix
Et garder les sourires
Et cacher les peines

Traverser le feu
S’il le faut les Enfers
Ne plus remettre à demain
Ce qu’on aurait dû faire hier

Sur le char de nos espérances
On prend la seule existence
Aller de chemin en chemin
Tenter d’entendre chanter nos anges

Prendre des allers sans retours
Prendre des allers sans retours oui
Prendre des allers sans retours
Des allers sans retour oui
Un point seul peut devenir fou
Jusqu’au linceul Jusqu’au bout
Prendre des allers sans retours

Aller aller sans
Ne jamais revenir
Aller aller sans
Ne jamais revenir
Aller aller sans
Ne jamais revenir
Aller aller
Aller aller


Forger son armure
S’entrainer au combat
Etre maître de son destin

Bâtir son empire
A la sueur de son front
Le construire A la force de ses mains

Garder l’esprit en éveil
Cultiver la curiosité
Promesse de sommeil dans la mort
Tu ne sais pas quand elle va t’arrêter

On en a vu tomber
Dévastés de regret
On se force de ne pas oublier
Comme une piqûre de rappel

Sur le char de nos espérances
On prend la seule existence
Aller de chemin en chemin
Tenter d’entendre chanter nos anges

Prendre des allers sans retours
Prendre des allers sans retours oui
Prendre des allers sans retours
Des allers sans retour oui
Un point seul peut devenir fou
Jusqu’au linceul Jusqu’au bout
Prendre des allers sans retours

Aller aller sans
Ne jamais revenir
Aller aller sans
Ne jamais revenir
Aller aller sans
Ne jamais revenir
Aller aller

Prendre des allers sans retours
Et ne pas se retourner
des allers sans retours
Et ne pas se retourner
Prendre des allers sans retours
Et ne pas se retourner
Des allers sans retour
Et ne pas se retourner

Prendre des allers sans retours
Prendre des allers sans retours oui
Prendre des allers sans retours
Des allers sans retour oui
Un point seul peut devenir fou
Jusqu’au linceul Jusqu’au bout (j’te l’dis)
Prendre des allers sans retours

T’as rien à faire
T’as rien à perdre
Kiffe bien, kiffe bien
Suis tes besoins
Suis ton destin
Prends ton aller sans retour et kiffe bien
Laisse toi guider sans les doutes
Et kiffe bien



Aller sans retour - Chilla

mercredi 5 juillet 2017

Poésie

Il se peut que le silence des Éditions La Pierre qui Roule ne fasse que se rendre à la question : à quoi sert la poésie ? à quoi sert la poésie aujourd'hui ?
Entre la poésie néo-lyrique qui croit devoir rendre compte d'un héritage (mais qui ne fait que répéter), la poésie philosophique qui n'est plus - du moins qui n'est plus lue, et la poésie qui prend la suite des avant-gardes dans l'expérience d'un (extrême) contemporain... pas tellement lue non plus...

La poésie n'est pas une solution.

La poésie moderniste a l'avantage de tenter de proposer de nouvelles formes, de mélanger les genres.

Mais (ma question du moment) comment trouver formulation pour dire ce qui est (quand bien même cela ne serait pas objectif) sans appauvrir la réalité ou la sensation ou l'émotion dont on parle ? Trouver une formulation qui soit à la hauteur...
(à défaut de décrire sans l'appauvrir la beauté d'un rubis, du moins trouver les mots qui en fassent sentir la profondeur et la couleur)

Pourtant, Rhapsodie aux crépuscules est en lecture,
et le Livre du héron, à défaut de s'écrire, se travaille et se vit toujours.
D'autres textes (Émaux et Camées, et Je t'aime, depuis 2012 et un autre depuis cette année) sont en travail...


dimanche 21 août 2016

vendredi 6 mai 2016

Et encore...

(poèmes reçus dans le cadre d'une "chaîne")
 

El Desdichado


Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la Sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

Gérard de Nerval


Il m'arrive plein de petits poèmes...


Reçus


Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.



(Verlaine)



Reçus

(poèmes reçus dans le cadre d'une "chaîne")


Matin

J'ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche,
sans manger je vais par les rues, et je me tais,
sans le soutien du pain, et dès l'aube hors de moi
je cherche dans le jour la bruit d'eau de tes pas.

Je suis affamé de ton rire de cascade,
et de tes mains couleur de grenier furieux,
oui, j'ai faim de la pâle pierre de tes ongles,
je veux manger ta peau comme une amande intacte,

et le rayon détruit au feu de ta beauté,
je veux manger le nez maître du fier visage,
Je veux manger l'ombre fugace de tes cils,

J'ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule
et je te cherche, et je cherche ton cœur brûlant
comme un puma dans le désert de Quitratùe.


Pablo Neruda


mercredi 4 mai 2016

Reçu


"Éteins mes yeux : je te verrai encore
Bouche moi les oreilles :  je t'entendrai encore
Sans pied, je marcherai vers toi
Sans bouche, je t'invoquerai encore
Coupe-moi les bras: je te saisirai
Avec mon cœur comme avec une main
Arrache-moi le cœur et mon cerveau battra
Et si tu mets aussi le feu à mon cerveau
Je te porterai dans mon sang"


Rainer Maria Rilke, extrait de Lettre à Lou Andreas-Salomé


lundi 2 mai 2016

Lu, relu, perdu, retrouvé, relu, donné, etc.



Viens, viens, qui que tu soies
Vagabond, érudit, dévot, qu'importe
Dans notre caravane il n'y a pas de place pour le désespoir
Viens, même si tu as mille fois rompu tes serments
Viens, viens de nouveau
 
Djalâl al-Din Rûmî