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dimanche 14 août 2022

"Energy" - Sampa the Great


https://www.youtube.com/watch?v=dDubhAKSeB0&list=RDiWjLn1rIPXY&index=13

 

lundi 2 mai 2016

Lu, relu, perdu, retrouvé, relu, donné, etc.



Viens, viens, qui que tu soies
Vagabond, érudit, dévot, qu'importe
Dans notre caravane il n'y a pas de place pour le désespoir
Viens, même si tu as mille fois rompu tes serments
Viens, viens de nouveau
 
Djalâl al-Din Rûmî

vendredi 27 juin 2008

Dakar-Bamako par Ouagadougou

Ce voyage était nécessaire pour vivre un rêve d’enfance : me trouver là sur les avenues ombragées d’une grande ville que j’imaginais déjà brûlante, où une foule colorée disparaît au loin dans la poussière ; ou bien sur une route infinie dans un paysage austère et magnifique.
L’Afrique est, en quelque sorte, présente en moi depuis longtemps. Il y avait d’abord, à la maison, la statue d’un chasseur hiératique et celle, plus petite et en ébène, d’un balafoniste aux lèvres charnues. Cette statuette excitait déjà ma curiosité : un instrument de musique inconnu, dont le son vibrant me fut révélé plus tard ; le grand boubou du musicien qui en faisait un prince, son beau visage réaliste, et ce qu’on me disait sur les griots qui racontent et font l’histoire. Le valeureux chasseur, lui, trônait en haut de la bibliothèque, son butin sur l'épaule, l'air arrogant et serein, le visage incroyable. Ces objets, avec le grand boubou de ma mère, en basin d’un bleu profond, et ses boucles d’oreilles en or, faisaient partie des souvenirs du séjour de mes parents au Mali, chez mon parrain. J’avais vu quelques diapositives, le Marché Rose, je crois, mais je savais peu de choses de ce voyage et de la vie là-bas de mon parrain et de sa famille, tout cela ayant eu lieu avant ma naissance.
J’ai l’impression que ma mère ne m’a raconté qu’une seule chose de ce séjour, qui m’est restée comme une évocation poétique, et que j’ai dû réécrire avec mes propres images et de mes propres mots : en promenade un soir dans les jardins maraîchers sur les bords du fleuve Niger, elle s’était occupé d’un enfant, assise sur une natte près d’un vieillard aveugle, pendant que la mère faisait les allers-et-retours pour aller chercher l’eau, et arroser minutieusement ses plantations. Le vieux chantonnait une mélopée et caressait l'enfant avec une feuille pour l'endormir. Et dans les mots même de ma mère, j’ai senti la plénitude de ce soir-là, la préciosité de l’eau, la fraîcheur montant de la terre arrosée, et la secrète compréhension de ces deux mamans qui ne pouvaient discuter ensemble. Je ne distingue pas bien cette image du disque de kora de Keur Moussa au Sénégal et cette harpe aigre et douce m’évoque toujours une sorte de nostalgie d’un souvenir qui n’est pas le mien.
Je me souviens aussi d’un concours de dessin organisé par une association caritative catholique, et dont le thème était la paix. Comme j’avais dû entendre dire qu’il y avait la guerre et la famine en Afrique, j’avais dessiné un soldat noir qui laissait son arme pour aider une femme aux champs. J’avais imaginé, dans cette scène naïve, que le soldat, nostalgique de son village et de ses parents, venait en aide à la femme, parce qu’il cultivait de la même façon dans son pays, et qu’il avait besoin de retrouver cette sensation-là, d’être courbé sur la terre en la travaillant à la daaba.
C’est je crois, à cette époque, que L.L. était venu dans mon école de village nous montrer les images d’une mission humanitaire, au Togo ou au Burkina Faso, je ne sais plus. Nous étions allés à la salle des Fêtes pour voir un diaporama et un film, et c’était déjà un événement en soi, se retrouver dans une salle obscure pour regarder des images. Ce sont ces images, les Noirs, les cases en banco dont la rondeur me paraissait si simplement confortable, la route rectiligne se perdant dans cette terre rouge originelle, qui sont peut-être à l’origine de mes évocations africaine. Et d’un coup, la musique, le film sur un balafoniste dont les geste virtuoses allaient trop vite pour la pellicule et n’y avait fixé que le mouvement. Les vibrations et les arpèges du balafon m’avaient ravi incroyablement.
Et l'image du superbe balafoniste est ainsi resté imprimée dans ma mémoire, figure symbolique – de quoi ?- dans ma vie.

C’est peut-être pour faire mien le beau souvenir de mère, et pour comprendre les étoffes riches de couleurs inédites, et pour rencontrer le somptueux balafoniste, et pour être brûlé dans la brousse par le vent d’Harmattan, que je suis venu au Burkina Faso. Bizarrement, quand je suis en France, il m’est quasiment impossible d’en parler. Je ne sais ce que je suis venu vivre ici, mais c’est un quotidien, et il est souvent difficile, voire inutile, de parler du quotidien.
Que dire du quotidien qui serait représentatif, sans tomber dans l’exotisme ? On est tout le temps dehors. On mange dehors, on boit le thé, on reçoit dehors. On chie et on pisse dehors. On se lave dehors. Selon, on se douche au soleil qui nous sèche, ou bien on se lave la nuit, dans le noir, parfois à la bougie.
Que raconter ?
C’est aujourd’hui qui commence : le coq de cinq heures, la poussière soulevée par Aïdara Ma qui balaye la cour, c’est cela qui me sert de réveil.
Et la journée qui finit dans la fraîcheur du barrage, au crépuscule, pour un verre en tête à tête.
Que dire ?
Que, sur le chemin de retour de Bobo-Dioulasso, une panne de car arrêta, comme souvent, tous les voyageurs à Koumbia. Je voyageais seul. Assis sur une souche, j’eus, un instant, un vertige de lumière et de chaleur, entendant rebondir la langue inconnue, et attendant dans ce temps dilaté, en me disant que je vivais mon rêve d'habiter ici un moment de ma vie.

Que raconter du quotidien ?
La joie, la parole, l’ambiance, les rencontres, les amis, la danse et le soleil brûlant. Oui, j’y ai appris tout ça.

2006-2008

lundi 31 mars 2008

La Compagnie Tené


La Compagnie Tené était en train de se créer quand je suis arrivé à Ouagadougou en 2005. Issa Aimé Ouédraogo, le directeur artistique et le fondateur de la compagnie, est vite devenu un ami cher, et cette rencontre a fortement influencé mon séjour au Burkina Faso.
C'est tout naturellement que j'ai suivi les démarches de cette compagnie de danse et la création du Cri du Désert qui fut menée en 2006-2007. D'abord solo pour Aimé, ce spectacle a finalement abouti à un duo avec Adélaïde Zoma, danseuse rayonnante de formation traditionnelle. Aimé et Adélaïde ont fait partie du Ballet National du Burkina Faso, compagnie de danse traditionnelle subventionnée, qui a vu passer les plus grands danseurs et chorégraphes du pays, d'Irène Tassembedo à Assita Zoungrana, en passant par Souleymane Badolo de la Compagnie Kongo Ba Teria. C'est d'ailleurs ce dernier qui a supervisé la chorégraphie du Cri du Désert. Cette pièce a été tournée, en 2007, en France (Gap, Marseille), au Mali (CCF de Bamako) et au Ghana (Alliance
Française de Kumasi). La version solo de ce spectacle sera présentée pour le festival Dialogues de Corps en décembre 2008 à Ouagadougou.
Le travail chorégraphique d'Issa Aimé Ouédraogo se fonde fortement sur la danse traditionnelle de son pays, "recréée" à travers des techniques contemporaines et des thématiques d'aujourd'hui.

La Compagnie Tené répète actuellement une nouvelle pièce, La Marche, métaphore des passages de la vie de l'homme (enfance, adolescence, âge adulte), avec Karim Konaté, Adélaïde Zoma et Aimé Ouédraogo. Après des résidences au Centre de Développement Chorégraphique - La Termitière de Ouagadougou et à la Maison des Jeunes de Ouahigouya, ce spectacle sera créé en mai 2008 au CCF Georges Méliès de Ouagadougou.














Voir leur site : http://www.sudplanete.net/index.php?menu=groupe&no=729

vendredi 14 mars 2008

Centre Culturel Français Georges Méliès, Ouagadougou
















J'ai travaillé, de 2005 à 2007, comme graphiste au CCF Georges Méliès de Ouagadougou, au Burkina Faso.

Au début, nous étions sur un livret de 16 à 40 pages, format carré, sur la maquette de mon prédecesseur. Le format (15 X 15 cm) était très sympa, mais l'intérieur en bichro était géré de façon thématique, pas du tout pratique à mon sens...

CCF Georges Méliès, Ouagadougou (2005-2007)


J'ai travaillé, de 2005 à 2007, comme graphiste au CCF Georges Méliès de Ouagadougou.

En 2007, nous avons revu entièrement la charte graphique du Centre, et donc la maquette du programme mensuel, à partir du logo créé par l'Agence Cappuccino : plus moderne, plus clair, plus efficace...

Le programme est devenu un grand dépliant à quatre volets, tout en hauteur... Beaucoup plus attrayant et lisible, même si ce grand format a surpris nos lecteurs !

lundi 10 mars 2008

Exposition au Hangar 11

Une série de petits tableaux, de petits carrés d'une vingtaine de centimètres de côté, sur lesquels je m'étais exprimé lors de ma deuxième année à Ouagadougou... va faire partie d'une exposition collective...

L'atelier collectif Le Hangar 11, à Ouagadougou dans le quartier de Kologho Naaba, ouvre ses portes tous les 11 du mois, pour une expo ou simplement un accrochage des artistes qui y travaillent : Harouna Ouédraogo (voir http://www.wideo.fr/video/iLyROoaftu9M.html) , Caszi B., Sylvo, Allassane Ouédraogo, Pierre Garel, Hyacinthe Ouattara, Fidèle Kabré, Carole Ouédraogo...
http://ouagaburkina.site.voila.fr/OuagArt/Hangar11/hangar11.html

Ils sont jeunes, pour la plupart, et ont dédié leur vie à l'art, sans concession, avec passion et folie... Et quelle admirable folie...

Je les remercie pour tout ce qu'ils m'ont donné.

Ce post de "peinture", juste pour dire d'où je viens, d'où j'arrive, d'où je viens d'arriver pour revenir...