vendredi 6 mai 2016

Et encore...

(poèmes reçus dans le cadre d'une "chaîne")
 

El Desdichado


Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la Sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

Gérard de Nerval


Il m'arrive plein de petits poèmes...


Reçus


Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.



(Verlaine)



Reçus

(poèmes reçus dans le cadre d'une "chaîne")


Matin

J'ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche,
sans manger je vais par les rues, et je me tais,
sans le soutien du pain, et dès l'aube hors de moi
je cherche dans le jour la bruit d'eau de tes pas.

Je suis affamé de ton rire de cascade,
et de tes mains couleur de grenier furieux,
oui, j'ai faim de la pâle pierre de tes ongles,
je veux manger ta peau comme une amande intacte,

et le rayon détruit au feu de ta beauté,
je veux manger le nez maître du fier visage,
Je veux manger l'ombre fugace de tes cils,

J'ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule
et je te cherche, et je cherche ton cœur brûlant
comme un puma dans le désert de Quitratùe.


Pablo Neruda


mercredi 4 mai 2016

Reçu


(poèmes reçus dans le cadre d'une "chaîne")

Même morte je reviendrai forniquer dans le monde 
(Joyce Mansour)

Reçu


"Éteins mes yeux : je te verrai encore
Bouche moi les oreilles :  je t'entendrai encore
Sans pied, je marcherai vers toi
Sans bouche, je t'invoquerai encore
Coupe-moi les bras: je te saisirai
Avec mon cœur comme avec une main
Arrache-moi le cœur et mon cerveau battra
Et si tu mets aussi le feu à mon cerveau
Je te porterai dans mon sang"


Rainer Maria Rilke, extrait de Lettre à Lou Andreas-Salomé


lundi 2 mai 2016

Ecrit


Un bateau disparaît à l’horizon
Le flux et le reflux de la mer
La nuit tombe
Viens, rentrons

(Rhapsodie au crépuscule

Lu, relu, perdu, retrouvé, relu, donné, etc.



Viens, viens, qui que tu soies
Vagabond, érudit, dévot, qu'importe
Dans notre caravane il n'y a pas de place pour le désespoir
Viens, même si tu as mille fois rompu tes serments
Viens, viens de nouveau

Envoyé


"Surtout, surtout,
Sois indulgent
Hésite sur le seuil du blâme
On ne sait jamais les raisons
Ni l'enveloppe intérieure de l'âme.
Ni ce qu'il y a dans les maisons
Sous les toits,
Entre les gens..."

Cocteau.