mardi 3 novembre 2009

22 bis, suite et fin...

22 bis rue Ponsard & 40 rue Monge
Derniers trucs à déménager, une zone de gratuité samedi où sont passés amis et voisins, avons sorti les bulbes des plates-bandes du jardin Ponsard : tulipes, crocus... qui continueront leur vie dans un autre lieu... "D'un jardin l'autre" a dit Kat.
Nous avons l'honneur de vous annoncer la fermeture définitive de ces deux maisons des passeurs-Grenoble, avant destruction. Un film de Joan


lundi 26 octobre 2009



Énervement
de voir que ce blog joue avec la typo sans moi.

Grand plaisir à vivre plein de choses à la campagne avec de chouettes voisins.

Très chouettes (encore) ateliers d'écriture avec le café-lecture Le Remue-Méninges lors de la Fête du Livre de Saint-Etienne.

Rencontré physiquement des bloggers avec qui discuter et penser de façon très intéressante.

Pensée très intéressante aussi de Miguel Benasayag et Angélique Del Rey pour leur livre La Chasse aux enfants avec RESF.

Grenoble pour fermer les deux maisons des passeurs : Monge et Ponsard.

Désolé de tous ces liens ! :)

jeudi 22 octobre 2009

La Chambre blanche

Et c'est fou comme je travaille dans cette chambre blanche, alternant avec le bureau de la grande salle... et agréablement distrait par les travaux collectifs, ou les soins données à la basse-cour.

lundi 19 octobre 2009

Un hexamètre et demi

J’aime la difficulté des lieux où il est nécessaire d’être,
où il est urgent d’exister.

Palimpsestes

Deux aiguillées de fil vert, brodées aujourd’hui sur Frühjahrmüdigkeit, alors que Silence et Labeur sont terminés (et ont été présentés pour Un Temps à Ponsard), et que Délimiter n’avance pas.

C’est bien le faire qui m’intéresse : le temps de cette écriture brodée, lettre après lettre, et encore, pas forcément dans l’ordre ; ce temps qui dure (45 à 90 min./lettre) pour écrire un mot qu’on connaît d’avance. Sans surprise. Car c’est bien de l’écriture dont il s’agit, même si en l’occurrence elle est brodée.

Dès la première pièce, Labeur, c’est la question du travail qui s’est posée :

« Le travail, ce peut être aussi broder les lettres du mot même au fil de soie perlée. Et écrire/ l’écriture travaille de façon similaire : point par point, mot après mot, dérouler le fil précieux, élucider ce qu’il brode. »

Dans Silence, c’est une parole chantée par un griot malien (« Difficile est la parole ») que j’ai travaillée dans un rapport graphique entre vide et plein, bruit et silence. Cette pièce, directement liée au romantisme d’une histoire d’amour aujourd’hui terminée dans une grande beauté, est quasi thérapeutique.

Délimiter n’avance pas, mais utilise un autre rapport au fil. On pourra dire, si je parviens à la terminer, que c’est la pièce la plus brodée.

Ce temps de réalisation, ce labeur de broderie, me permet de poser des questions autour du genre et autour du travail. La broderie comme activité féminine pose peut-être moins question (encore que de nombreuses artistes travaillent fil, tissu, tricot, broderie ou tricotin dans des performances de lien social ou de discours politique). Une femme qui brode à ses moments perdus ne ferait que s’occuper dans la plus pure tradition féminine des « travaux d’aiguille » (du moins selon les normes de genre) : un loisir, une distraction, une pratique de salon. Si elle brode pour vivre, c’est donc son activité professionnelle (quoi que ces métiers, mis à part celui de couturier, tendent à disparaître – à part dans l’industrie du luxe et de la haute couture…) et économique.

Pour moi qui suis né de sexe masculin, revendiquer cette activité comme faisant partie intégrante de mon travail, l’écriture – qui ne me fait, de surcroît, pas vivre – c’est aller à l’encontre de ce que mon genre social exige de moi, au rôle qu’on m’assigne : travailler, gagner de l’argent et du pouvoir, construire sa vie sur des exigences sociales et financières et non pas personnelles, en mettant en jeu les principes de compétition, de rendement et de compétitivité qui prévalent dans une société patriarcale et capitaliste.

Moi, j’écris, je brode et je travaille des liens : ce sont là mes principales activités, des pratiques de salon, celles qui me demandent le plus de temps et de travail, celles qui me font vivre.

Une phrase

Je peux toujours dire les choses dans un sens différent.

mardi 15 septembre 2009

Lignes de fuite

Extrait de Rupture – Replacer l’émancipation dans une perspective sécessionniste par Simon, brochure éditée en juillet 2006

« Dans l’univers des dispositifs de pouvoir, dans ce monde tellement blindé de rôles et de rapports qu’il n’en finit pas de mourir, l’émancipation ne se pose pas comme un programme, un projet alternatif, mais comme une perspective, une ligne : la ligne de fuite.

Le concept de ligne de fuite a été élaboré par Félix Guattari et Gilles Deleuze. Ils distinguent pour cela au sein de nos vies trois types de lignes : la ligne dure, la ligne souple et la ligne de fuite. Les lignes dures sont celles des dispositifs de pouvoir. Tant que nous restons sous contrôle, nous nous contentons de passer d’un segment dur à l’autre : de l’école à l’université, puis au salariat et enfin la retraite. Les lignes dures nous promettent un « avenir », une carrière, une famille, une destinée à remplir, une vocation à réaliser.

Les lignes souples sont différentes mais voguent autour des lignes dures sans les remettre en question : histoires de familles, désirs cachés, rêverie pendant les cours, vilain petit secret, discussions à voix basse autour de la machine à café, micro-politique. Ce sont ces liens qui s’immiscent même au cœur d’un univers de rapports, ces petits refus de respecter le règlement ou le code de la route, ces grèves ponctuelles, ces cours séchés. D’un passage par une ligne souple tu reviens rapidement sur la ligne dure : tout rentre dans l’ordre.

Et enfin il y a les lignes de fuite, et de celles-ci nous ne revenons jamais au même endroit. « Une vraie rupture est quelque chose sur quoi on ne peut pas revenir, qui est irrémissible parce qu’elle fait que le passé a cessé d’exister » (Deleuze et Guattari citant Fitzgerald dans Mille Plateaux). Les lignes de fuite ne définissent pas un avenir mais un devenir. Il n’y a pas de programme, pas de plan de carrière possible lorsque nous sommes sur une ligne de fuite. « On est devenu soi-même imperceptible et clandestin dans un voyage immobile. Plus rien ne peut se passer ni s’être passé. Plus personne ne peut rien pour moi ni contre moi. Mes territoires sont hors de prise, et pas parce qu’ils sont imaginaires, au contraire, parce que je suis en train de les tracer. » (Mille plateaux)

« Nous devons inventer nos lignes de fuite si nous en sommes capables, et nous ne pouvons les inventer qu’en les traçant effectivement, dans la vie » (ibidem). La destination est inconnue, imprévisible. C’est un devenir, un processus incontrôlable. C’est notre ligne d’émancipation, de libération. Elle est le contraire du destin ou de la carrière. Et c’est sur une telle ligne que je peux enfin me sentir vivre, me sentir libre.

Un temps à Ponsard

Grenoble
22 bis, rue Ponsard*

Durant huit mois, la maison Ponsard a été chahutée par la vie et les rencontres.
Deux soirées et un rendez-vous rassemblent les personnes qui ont nourri ces espaces.

SAMEDI 26 SEPTEMBRE A PARTIR DE 20H

Peinture pariétale no 986341
atelier 2009 de Fred Helle
avec duo de musique soudaine

composé d’Anne-Laure Pigache (voix) et de Vincent Copier (batterie – percussions)

Projection de mis(e) en pièces
Installation de louise catherine drève
février 2009 au Brise Glace

La chambre de David et Jonathan
Prises de vue à Ponsard
photographies de Marion Massip

Bureau nomade et provisoire (4)
Alexis Garandeau et éditions La Pierre qui Roule

Vider les lieux
Prises de vue au Brise Glace
Photographies de Yann Montigné


DIMANCHE 27 SEPTEMBRE A PARTIR DE 19 H

Installation de mots
Laëtitia Bischoff

jardin en camisole
une tentative à Ponsard
lecture du journal et installation en cours de louise catherine drève

Peinture pariétale no 986341
atelier 2009 de Fred Helle

La chambre de David et Jonathan
Prises de vue à Ponsard
photographies de Marion Massip

Bureau nomade et provisoire (4)
Alexis Garandeau et éditions La Pierre qui Roule

Vider les lieux
Prises de vue au Brise Glace mars 2009
Photographies de Yann Montigné

20 ans de cendres
Projection et photographies de Yann Montigné

Projection de mis(e) en pièces
Installation de louise catherine drève
février 2009 au Brise Glace

LE KIT DE PASSE :
>> Amener
>> Bougies, bougeoir ou coupelle,
>> Goûter, grignoter, déguster,
>> Boire, fumer, discuter

* Pour les primo-arrivants :
Le 22 bis, rue Ponsard se situe entre l'arrêt de tram Mounier et l'arrêt MC2, à l'angle entre l'avenue Marcelin Berthelot et la rue Ponsard, ouvrez le portail blanc en soulevant la clenche...

jeudi 10 septembre 2009

Il est étrange de s'endormir pour la troisième nuit dans une chambre blanche et nue, vide à part un lit très haut, une table ovale et un banc raide,
en pressentant que cette chambre a toutes les chances d'être sienne pendant les mois qui suivent...

Citations

Nous plantons des fleurs
pour ne pas
sombrer

Jong N.Woo, Le Retour du Temps
Editions Le Verbe et l'Empreinte - Marc Pessin



Ne me dis pas que mon amour était
lune
Il était étincelle

Adonis, Miroirs
Editions Le Verbe et l'Empreinte - Marc Pessin