Ce rythme quotidien, ces moments vécus chaque jour, et chaque fois différents, continuent à m’occuper. Un texte sur le crépuscule était déjà en travail de 2005 à 2008, puis mis en jachère l’automne précédent, et il ressurgit étrangement ces temps-ci. J’espère, je l’ai dit, en faire une édition limitée et précieuse.
Il fera peut-être un triptyque, asymétrique et sans lien de ton ni de forme (ni dans l’écriture ni dans l’objet mis en page), avec un texte sur le monde de la nuit, et un projet, encore vague mais qui point à l’Orient, sur l’aurore et le lendemain.
Peut-être est-ce une manière de trouver un fil, de dérouler la suite du texte convalescent.
Le projet Entre chien et loup (2005-2008 avec Olivier Pique) se transforme : la Rhapsodie au crépuscule, à travers un long œuvre au noir, continue d'être en cours... (2009-2012)
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mercredi 7 octobre 2009
dimanche 5 octobre 2008
Évocation proustienne
Cet après-midi d’octobre, au soleil bien chauffant et au parfum d’herbe coupée dans le parc, donne un moment la sensation des premiers jours de printemps, où la douceur solaire est telle qu’on peut se découvrir pour y goûter un plaisir de renaissance, alors même que la réalité de l’automne devrait nous obliger à rentrer en soi et préparer effectivement des jours meilleurs.
Mais cette journée d’octobre au masque printanier est très vite obscurcie par un gros nuage gris pommelé, dont la beauté dans un ciel violet finit en tempête pluvieuse et glacée.
Car, en effet, nombreuses dans la vie sont les apparences trompeuses, les espoirs effondrés, les vaines joies bientôt sabrées par un coup de gel précoce.
Ainsi, alors que je croyais travailler à un projet de livre, et dans l’espérance de voir bientôt publié cet ouvrage, très beau, auquel j’aurais collaboré, je ne voyais pas – pas plus que je ne le comprends encore aujourd’hui – le lent mais sûr obscurcissement de la lumière, cet entre chien et loup que je continue de vivre et qui fait peut-être déjà partie de ce texte crépusculaire, que d’aucun juge sulfureux, et cramoisi comme un rideau de maison close.
Mais cette journée d’octobre au masque printanier est très vite obscurcie par un gros nuage gris pommelé, dont la beauté dans un ciel violet finit en tempête pluvieuse et glacée.
Car, en effet, nombreuses dans la vie sont les apparences trompeuses, les espoirs effondrés, les vaines joies bientôt sabrées par un coup de gel précoce.
Ainsi, alors que je croyais travailler à un projet de livre, et dans l’espérance de voir bientôt publié cet ouvrage, très beau, auquel j’aurais collaboré, je ne voyais pas – pas plus que je ne le comprends encore aujourd’hui – le lent mais sûr obscurcissement de la lumière, cet entre chien et loup que je continue de vivre et qui fait peut-être déjà partie de ce texte crépusculaire, que d’aucun juge sulfureux, et cramoisi comme un rideau de maison close.
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jeudi 18 septembre 2008
Leçon de ténèbres
C'est de circonstance, j'imagine, ou de saison. Je lis ou relis ces littéraires leçons de ténèbres que sont Cet amour-là, de Yann Andréa et Albertine disparue, et je me rends compte rétrospectivement que mes Poèmes en tous sens sont, bien modestement, de cet ordre-là.
Septembre nous surprend d'un vent glacial, bien que nous nous régalions de girolles encore, et de mûres, en travaillant, le photographe Olivier Pique et moi, sur le livre Entre Chien et Loup.
Je me sens dans un grand silence d'écriture. Et ce qu'on me demande de faire de mes mots m'est bien douloureux. Ce désert, cependant, doit m'être nécessaire, et je le veux vivre et surmonter.
Mais j'ai peur de cet automne - le vent du dehors est si piquant déjà ! - et de l'hiver qui va suivre, qu'on annonce sec et froid... J'en ai supporté d'autres, avant, mais en voilà trois que j'ai passé dans le vent d'Harmattan en mangeant des papayes...
Accordez moi le silence. Je fais ma leçon de ténèbres.
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vendredi 25 juillet 2008
Entre Chien et Loup
C'est sur la série de photographies Entre Chien et loup que j'ai travaillé (et que je travaille encore) à un texte du même nom. Une idée de livre nous tient à coeur, le photographe et moi, et reste un projet d'actualité. Nous y travaillerons en septembre dans l'espoir de le publier avant Noël. Voici un extrait :
"
Regarde la fin du jour : la lumière s'obscurcit, mais la nuit ne vient toujours pas.
Le jour tombe. La nuit tombe.
Lequel des deux tombe, en effet ?
Le quel des deux tombe en premier ? Pourtant la nuit ne vient pas. Elle ne vient jamais, d'ailleurs : la nuit surgit. Et avant qu'elle ne surgisse : la ville flotte, la campagne respire.
Dans le clair obscur de l'heure silencieuse (Petr Kral), tout ce qui était enfoui sous la clameur du jour remonte à la surface.
Lumière incertaine. Entre deux, jour-nuit. Pause. Entre les deux se faufilent l'anxiété et ses questions.
Rien de tragique : pas d'effroi, ni d'angoisse. Seulement un doute : et demain ?
Pourquoi cette feuille
Ni plus jaune ni plus verte que les autres
Est-elle tombée de l'arbre ?
Abdellatif Laâbi
Une attente au bord de soir soi-même, un doute vaguement disloquant.
De petites questions entêtantes. Et demain ?
Demain pour moi sera-t-il vivant ?
"
"
Regarde la fin du jour : la lumière s'obscurcit, mais la nuit ne vient toujours pas.
Le jour tombe. La nuit tombe.
Lequel des deux tombe, en effet ?
Le quel des deux tombe en premier ? Pourtant la nuit ne vient pas. Elle ne vient jamais, d'ailleurs : la nuit surgit. Et avant qu'elle ne surgisse : la ville flotte, la campagne respire.
Dans le clair obscur de l'heure silencieuse (Petr Kral), tout ce qui était enfoui sous la clameur du jour remonte à la surface.
Lumière incertaine. Entre deux, jour-nuit. Pause. Entre les deux se faufilent l'anxiété et ses questions.
Rien de tragique : pas d'effroi, ni d'angoisse. Seulement un doute : et demain ?
Pourquoi cette feuille
Ni plus jaune ni plus verte que les autres
Est-elle tombée de l'arbre ?
Abdellatif Laâbi
Une attente au bord de soir soi-même, un doute vaguement disloquant.
De petites questions entêtantes. Et demain ?
Demain pour moi sera-t-il vivant ?
"
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