Affichage des articles dont le libellé est début. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est début. Afficher tous les articles

jeudi 20 février 2025

Comment se remet-on à écrire ?

 Pour vraiment se remettre à écrire, je crois qu'il faut attendre et laisser passer les deux premiers mois d'hiver.

Une fois la période la plus sombre passée, quand les jours rallongent et que les oiseaux se remettent à chanter, alors que ce travail invisible et souterrain de l'hiver aura renforcé les racines et préparé le terreau, on commence à sentir plutôt qu'à voir les indices minuscules, énigmatiques et prometteurs du pré-printemps qui se rapproche.

La lumière et l'obscurité s'équilibrent, les graines germent, les pousses sortent, les bourgeons se gonflent.

Si vous vous êtes vous aussi laissé hiberner un peu, vous vous êtes reposé en profitant du ralentissement du temps et des activités. Vous avez un peu calmé les sombres angoisses et vous vous êtes rappelé que le renouveau viendra. Des amis vous rassurent et vous encouragent.

Et, un jour, un éclat de soleil dans les yeux ou l'une des toute premières fleurs (pâquerette, primevère ou perce-neige) réanimera un élan, une étincelle, et révèlera quelque chose de la vie intérieure qui se préparait, qui était déjà confusément à l’œuvre.

Alors, une fois rentré de promenade, vous retournez à votre table, prenez un stylo et une feuille de papier, et vous vous remettez à écrire.

Quoi ? Qu'importe. Le processus s'enclenche, le mouvement est lancé, la mécanique opère.

Un mot s'ajoute à l'autre, des lignes de mots s'additionnent pour former des phrases, un paragraphe, un texte, quelque chose ou peut-être rien.

Finalement, que la graine qui germe soit une capucine poivrée, une rose trémière à qui il faudra deux ans pour fleurir, ou une ancolie d'été un peu folle, qu'elle périclite dans son développement ou qu'une mésange l'avale - est-ce que le résultat est important ? Sans l'effort initial, sans la première lettre, sans le premier mot, on n'en saura rien.

Une lueur est apparue, un élan est né et, si vous les suivez, cela vous amènera bien quelque part, à écrire tout simplement, et qu'il en sorte quelque chose ou pas quelque fleur, ce sera quoi qu'il en soit un monde pour vous. Qu'il reste invisible et énigmatique aux yeux des autres reste anecdotique : vous vous êtes remis à écrire. Vous le sentez. C'est minuscule, mystérieux, peut-être prometteur. Continuez.

Vous écrivez.

mercredi 19 février 2025

Le bon moment pour écrire


 Ce soir ? Non, j'ai la migraine.

Mais demain, c'est dimanche et, si j'ai eu un bon sommeil, cela ira mieux et je pourrai me mettre à mon bureau. Quoi qu'il faudra faire le marché : j'aimerais qu'il y ait de bonnes choses à manger. Je boirai un verre de vin blanc avant de rentrer avec un poulet à rôtir et des légumes à préparer et, après avoir déjeuné, je crois que j'aurai besoin de faire la sieste.

Ensuite, si le temps le permet, j'aurai envie de sortir me promener pour me réveiller tout à fait. En revenant à la maison, je serai content de me faire une tasse de té et de préparer mes papiers et mes stylos.

Oui, demain soir, si tout se passe bien, ce sera le bon moment pour écrire.

lundi 17 février 2025

Comment se remettre à écrire ?

 Comment se remettre à écrire ?

C'est la question depuis un certain temps, déjà, et je ne trouve pas encore de réponse.

Mais il sera prévu, dans les jours qui viennent, deux heures par jour consigné à une table avec un stylo devant une feuille de papier.

 Comment se remet-on à écrire ? En écrivant.

mercredi 4 mai 2016

Reçu


(poèmes reçus dans le cadre d'une "chaîne")

Même morte je reviendrai forniquer dans le monde 
(Joyce Mansour)

Reçu


"Éteins mes yeux : je te verrai encore
Bouche moi les oreilles :  je t'entendrai encore
Sans pied, je marcherai vers toi
Sans bouche, je t'invoquerai encore
Coupe-moi les bras: je te saisirai
Avec mon cœur comme avec une main
Arrache-moi le cœur et mon cerveau battra
Et si tu mets aussi le feu à mon cerveau
Je te porterai dans mon sang"


Rainer Maria Rilke, extrait de Lettre à Lou Andreas-Salomé


lundi 2 mai 2016

Envoyé


"Surtout, surtout,
Sois indulgent
Hésite sur le seuil du blâme
On ne sait jamais les raisons
Ni l'enveloppe intérieure de l'âme.
Ni ce qu'il y a dans les maisons
Sous les toits,
Entre les gens..."

Cocteau.

jeudi 2 octobre 2014

Entendu

Des bribes entendues, imaginées ou dites - que sais-je ? et qu'en faire ?



"Quand reviendra-t-elle ?
_ Quand elle aura oublié."


---°---


"Who are you ? Qui êtes-vous ?
_ Aucune importance."



(citation / début ? / (ne pas) écrire est toujours écrire / écrire toujours)

 

samedi 30 août 2014

La singulière traversée du héron

L'Oeuvre au Blanc
Peinture de BMC Blog  : http://art-maniac.over-blog.com/

Je m'étonne et me ravis de voir que le tableau "LOeuvre au Blanc" de BMC Blog représente un (deux ?) hérons : un lien à faire ?



La singulière traversée du héron 
(extraits)


le héron
the bridge is broken
it's fading into white
gray heron in the snow
jusqu'à l'épuisement, cette terrible douceur

(...)

Deux choses aujourd'hui sont sûres
Les héron reste en marge
Il est résolu

(...)

Le héron ne se laisse pas approcher.
C'est parfois un soulagement, parfois un découragement qui va jusqu'au désespoir.

(...)

(Notes en ville)
Les hérons envient-ils ceux qui vivent en compagnie, les perdrix ou les faisans, les couples de tourterelles, les bandes de canards et d'oies sauvages ?


lundi 21 janvier 2013

Parce que ça fait plus d'un mois que ça dure...


Quelques minutes pour se rappeler que ça fait plus d'un mois que ça dure... et que Télébocal oeuvre toujours pour un journalisme réel et critique...

Manifestation : Pas de mariage pour tous


Il y a plus d'un mois :

SOS tout petit - Reportage Télébocal sur manifestations anti-IVG


lundi 17 décembre 2012

Parce que nous en sommes

Parce que nous sommes descenduEs ce week-end dans la rue... parce que nous en sommes et "pour des alliances sans conditions, sous toutes les formes possibles" Ou quand ça gêne quand les sexualités non-hétérosexuelles (entendez, selon le point de vue : relations anormales / relations diverses, créatives et saines sous toutes les formes possibles) : qui ça gêne et pourquoi ça gêne que je dorme, le soir, avec untel ou unetelle ? qui ça gêne et pourquoi ça gêne qu'il y ait des familles hors du cadre traditionnel papa-maman-enfant ? Et, rien que pour vous, parce que vous le valez bien, voici le conte de Noël des Panthères Roses :

samedi 9 janvier 2010

Actualités résolues


Les conventions exigent un rituel de vœux en cette année qui commence. Ayant passé de l’année 2009 à 2010 auprès d’un feu de camp où nous avons brûlé de petites phrases écrites sur papier, je tiens à vous souhaiter de la persévérance et de la résistance, de la joie et des joies, et vous espère résolus dans vos actes, vos croyances, vos projets.
Je suis resté silencieux ces temps-ci, travaillant sur divers projets au plus long cours...
L’édition me tient toujours à cœur, et plusieurs envies sont là, autour de textes poétiques de deux auteurs.

Le film sur les ateliers Ponsard à Grenoble, quittés en novembre, où sera lu en voix off un texte que j’ai écrit, sera projeté en privé début février, avant, je l’espère, d’être visible sur la Toile.
Un travail en cours de « générateur de textes aléatoires basé sur de la musique » me passionne, me donne des contraintes d’écriture inédites, et des perspectives alternatives de monstration. Ce prendrait en effet la forme de projections lors de concert, ou de performances vidéo/son/textes…


Enfin, si la réécriture de Mitsou est mise en jachère, je reviens – avec plaisir et une sorte de soulagement – à des textes plus narratifs, de petites nouvelles très diverses de tons, de thème et de forme. Après la courte nouvelle Actualiser (Le Carnet bleu), j’évolue ces temps-ci chez des flibustiers et des mauvais garçons dans le milieu bohême des années 30…
Et je travaille sur Mots d'Hiver et d'autres lieux, écrit à Taillis Vert mais surtout ailleurs... On m'a offert quantité de beau papier en cahiers agrafés ou reliés. C'est à se demander si les gens se rendent compte du temps qu'il faut pour écrire !





mercredi 7 octobre 2009

Crépuscule - Nuit - Aurore

Ce rythme quotidien, ces moments vécus chaque jour, et chaque fois différents, continuent à m’occuper. Un texte sur le crépuscule était déjà en travail de 2005 à 2008, puis mis en jachère l’automne précédent, et il ressurgit étrangement ces temps-ci. J’espère, je l’ai dit, en faire une édition limitée et précieuse.
Il fera peut-être un triptyque, asymétrique et sans lien de ton ni de forme (ni dans l’écriture ni dans l’objet mis en page), avec un texte sur le monde de la nuit, et un projet, encore vague mais qui point à l’Orient, sur l’aurore et le lendemain.
Peut-être est-ce une manière de trouver un fil, de dérouler la suite du texte convalescent.



Le projet Entre chien et loup (2005-2008 avec Olivier Pique) se transforme : la Rhapsodie au crépuscule, à travers un long œuvre au noir, continue d'être en cours... (2009-2012)

jeudi 10 septembre 2009

Il est étrange de s'endormir pour la troisième nuit dans une chambre blanche et nue, vide à part un lit très haut, une table ovale et un banc raide,
en pressentant que cette chambre a toutes les chances d'être sienne pendant les mois qui suivent...

vendredi 5 septembre 2008

La Pierre qui roule


Le nom de ce blog vient d'un projet, déjà ancien, de maison d'édition : les éditions La Pierre qui roule.

Pour cette maison plus ou moins fictive (plus ou moins car elle éditera effectivement le petit opuscule Instantanés cet automne), j'avais imaginé la collection Impromptus, qui rassemblerait de modestes volumes d'écrits poétiques...

vendredi 25 juillet 2008

Entre Chien et Loup

C'est sur la série de photographies Entre Chien et loup que j'ai travaillé (et que je travaille encore) à un texte du même nom. Une idée de livre nous tient à coeur, le photographe et moi, et reste un projet d'actualité. Nous y travaillerons en septembre dans l'espoir de le publier avant Noël. Voici un extrait :

"
Regarde la fin du jour : la lumière s'obscurcit, mais la nuit ne vient toujours pas.
Le jour tombe. La nuit tombe.
Lequel des deux tombe, en effet ?
Le quel des deux tombe en premier ? Pourtant la nuit ne vient pas. Elle ne vient jamais, d'ailleurs : la nuit surgit. Et avant qu'elle ne surgisse : la ville flotte, la campagne respire.
Dans le clair obscur de l'heure silencieuse (Petr Kral), tout ce qui était enfoui sous la clameur du jour remonte à la surface.
Lumière incertaine. Entre deux, jour-nuit. Pause. Entre les deux se faufilent l'anxiété et ses questions.
Rien de tragique : pas d'effroi, ni d'angoisse. Seulement un doute : et demain ?
Pourquoi cette feuille
Ni plus jaune ni plus verte que les autres
Est-elle tombée de l'arbre ?
Abdellatif Laâbi

Une attente au bord de soir soi-même, un doute vaguement disloquant.
De petites questions entêtantes. Et demain ?
Demain pour moi sera-t-il vivant ?
"

jeudi 10 juillet 2008

Un léger écart

Lors de l'atelier d'écriture Un léger écart

Poème fondu

A partir d'un poème, écrire un poème "fondu" (qui utilise uniquement le matériau du texte de départ, mais pour écrire un texte bien plus court).

A partir de Le Crépuscule du matin, Charles Baudelaire


Le vent tord lentement l’aurore déserte.

C’était l’heure où le sombre vieillard soufflait sur les lanternes rouges, essaim en sang.

C’était l’heure où les bruns adolescents, maigres et stupides, commençaient à fumer sous le poids de rêves de femmes de plaisir, en robe rose et verte, qui s’enfuient.

Dans les cours des casernes, s’aggravent les débauchés écumeux traînant, las, leurs travaux inégaux.

Comme la bouche ouverte qui palpite, les bruns adolescents, la paupière livide, soufflaient sous le poids du corps qui se tord, brisés par leurs travaux, un dernier râle.

Une tache sur l’oreiller.

mercredi 9 juillet 2008

Exercice (2)

Lors de l'atelier d'écriture Un léger écart

Reconstruction : à partir de fragments romanesques récoltés, construire un texte cohérent.

Je l’ai prise par le coude pour la guider vers le canapé. Elle a brandi son carnet et j’ai vu qu’il ne lui restait que quelques pages. cela avait l’air d’être important pour elle, et elle était contente. Je lui ai souri. Mais je ne lui ai rien dit, et elle ne m’a rien demandé. Elle ne me demandait jamais rien.
D’autant que je n’avais pas assisté à la présentation du carnet, c’est Pauline, Olivier et Lucas qui me l’ont raconté, après coup. Moi, très vite, comme d’habitude, j’en avais eu marre de cette fête et de son vacarme. Je m’étais éloigné discrètement, en prenant la petite route des éoliennes, puis un chemin à droite dans les bois. Je savais, bien sûr, qu’ils allaient me rejoindre. C’est Lucas qui est arrivé d’abord vers le pont où j’attendais. Puis Olivier. Pauline est venue ensuite, s’annonçant par un :
« ça glisse ? »
Aucun de nous n’avait répondu. C’était ce soir-là où le carnet a été commencé, ou en tous cas, où il est apparu.
C’est bizarre, d’ailleurs, j’ai retrouvé une lettre que je lui avais écrite, à elle, avant qu’elle ne commence son carnet. Je lui disais :
Je me souviens. Vous passiez vos journées à de petits travaux : balayer la maison, transporter du charbon, coller du papier aux fenêtres, faire des petits rangements, réparer avec des clous des tables et des chaises. J’aurais dû vous aider dans ces tâches, d’autant que j’étais bon bricoleur. Mais vous ne me demandiez jamais rien.
Cette lettre n’est jamais partie. Quant au carnet… J’y pense parfois. J’y pense aujourd’hui, alors qu’il fait soleil dans mon jardin. Jardin sans bruit au moment où je m’assieds, sensation prenante de solitude heureuse. Jardin d’oiseaux silencieux qui passent, se posent et s’envolent autour de moi. Jardin de fleurs silencieuses qui parlent par la couleur, les formes et leurs réponses changeantes aux souffles du vent.
Elle aussi aimait le soleil. Non, elle était le soleil, celui de cette parole qui débusquait le monde dans ses moindres détails et nous le servait chaud…
Quand elle mourut, nous ne savions rien.
Chacun de nous quatre, à sa pauvre manière, s’efforça dans sa vie, de continue à ne pas savoir.

lundi 7 juillet 2008

Exercice d'écriture

Lors de l'atelier d'écriture Un léger écart
Exercice : avec une phrase d'incipit donnée, écrire sur une contrainte tirée au sort.
En l'occurrence, la contrainte tirée au sort était : Écrire avec des rimes en U

Je croyais qu'il faisait encore nuit, moi qui connaissait pourtant par coeur le bonheur de sortir la nuit ; l'urgence de lever les voiles dégoûtantes des peurs bleues, des peurs sombrement bleues.
Apparemment le temps n'était plus :
Sans que je m'en aperçoive, le soleil avait paru
Et illuminait, glorieux, le paysage givré et nu.
Plus moyen de sortir sous la Lune ventrue,
Pour ôter les voiles du petit chemin chenu...
Espérons que, malgré mon retard malvenu,
Aucune des peurs sombres et bleues ne soit vue
D'un promeneur, égaré et perdu,
Qui, brusquement hagard, éperdu,
Croirait fermement avoir la berlue
Et pourrait chuter dans le ravin pentu.
Un accident fatal qui me ferait manger tout cru
Par le patron qui me jetterait à la rue !
C'est vrai que ce poste, je m'y suis plu.
Mais, débarrassé de ce patron dodu,
Je partirais, à l'aventure, sur des terres inconnues,
Et au gré de folles navigations à vue,
Observer dahus et tortues.
Ah si j'étais parti, je serais pas prêt d'être revenu !