samedi 21 février 2009

Travailler

Mon travail a-t-il moins de valeur s’il est bénévole ? « Cet homme est projectionniste de films depuis son balcon sur la façade située en face de son immeuble. Par passion, il pratique son emploi sans rémunération… » disaient les affiches de FWCorporation qui scandait « Votre travail n’a pas de valeur ». Je ne sais pas. Voir www.freeworker.biz
Le fait est que je travaille (écriture, assos, activités sociales, travail de maison, jardinage) bien que mon statut soit celui de chômeur, demandeur d’emploi et RMIste. Ce « chômage », rappelé à mon esprit par certains de mon entourage, ne nomme en rien mon activité, stimulation de rencontres et recherche de mots, affairé que je suis à tenter des expériences. Et c’est peut-être ce travail d’expériences qui est celui des artistes et qui est le mien.
Il n’y a donc ni horaires, ni hiérarchie, ni contraintes – ou si peu : parfois un texte demandé pour une expo, rarement un concours. Travailler plus pour gagner moins ? Comme n’importe quel-le travailleu-se-r libéral-e, je gère mon travail et mon temps. Être le seul juge de son temps de travail nécessite beaucoup d’efforts et de discipline – celle-ci me manque parfois. N’avoir ni commande ni retour exige une motivation à toute épreuve et un niveau de qualité qui, pour ma part, a besoin de la lecture d’une tierce personne. C’est en partie pour cela que j’ai besoin de publier certains textes ici.
En tout cas je travaille, et dans ma leçon de ténèbres, c’est un long labeur, c’est plutôt un Œuvre au Noir, calcination pour purifier la matière.

1 commentaire:

Thomas Q. a dit…

Quand bien même le travail rémunéré est de plus en plus rare (après l'hémorragie d'emplois dans l'agriculture et l'industrie,nous la vivons aujourd'hui en France dans les services, notamment dans le secteur public et parapublic), parce qu'il demeure "alpha et oméga" de nos sociétés "marchandisées", la société peut continuer à culpabiliser tous ceux à qui il se refuse, ou qui ne veulent pas perdre leur vie et leur dignité dans un job inepte et sous-payé.

Dans le même temps, le travail rémunéré disqualifie socialement toutes les autres activités n'en relevant pas.

L'initiative de fierté "Freeworkers" tombe donc à pic pour réhabiliter avec humour la vie des marginalisés du marché du travail.

Je sais combien "Être le seul juge de son temps de travail nécessite beaucoup d’efforts et de discipline", alors "hold tight !" (Tiens bon !).